L'album "D'eux" de Céline Dion célèbre ses 30 ans et Radio-Canada propose un podcast autour de la création du disque culte, qui n'a pas dévoilé tous ses secrets. Une maquette inédite du tube "J'irai où tu iras" a été dénichée par hasard, et ce n'est pas Jean-Jacques Goldman qui chante avec la star.
Dans l'industrie musicale, il y a eu un avant et un après "D'eux". Paru le 3 avril 1995 en France, le disque culte de Céline Dion et Jean-Jacques Goldman demeure l'album francophone le plus vendu au monde, avec des chiffres fous : 44 semaines non-consécutives passées en tête du Top 50, 4,5 millions d'exemplaires écoulés dans l'Hexagone, 12 millions à l'échelle planétaire... Un monument dans le genre autant qu'un morceau d'histoire ! Et pour célébrer son 30ème anniversaire, Radio-Canada consacre un podcast en cinq épisodes aux secrets de fabrication de ce chef-d'oeuvre intemporel, avec de nombreux intervenants dont Erick Benzi, le co-producteur et co-auteur de "Pour que tu m'aimes encore", "Destin" ou "Prière païenne".
On ne le sait peut-être pas mais "D'eux" a été enregistré en deux semaines seulement dans un petit studio niché dans un bunker aux portes de Paris, sans fenêtre. Et seulement l'après-midi s'il vous plaît, puisque Céline Dion ne se réveillait pas avant 13h pour éviter le décalage horaire avec le Canada et préserver ses forces... « Je préfère chanter le soir. Je ne suis pas de très bonne humeur le matin ! Je prends le temps de chauffer ma voix naturellement » raconte-telle dans une des archives de l'épisode "L'enregistrement".
"Jean-Jacques lui a donné des indications"
Si le décor est un peu austère, l'ambiance de travail y est décontractée voire même bon enfant. « C'était vraiment un échange d'idées. (...) J'ai le souvenir d'un grand respect entre artistes mais aussi d'une grande camaraderie, d'une amitié. C'était très détendu. Il n'y avait pas cette espèce de décorum, de protocole qui vient avec ce genre de vedettes internationales normalement. C'était très relax » se remémore l'animatrice québécoise Véronique Cloutier. De cette alchimie instantanée entre Céline Dion et Jean-Jacques Goldman naîtra donc des classiques comme "Je sais pas", "Vole", "Le Ballet" mais aussi le duo "J'irai où tu iras", devenu un incontournable des soirées karaoké. « Ils ont envie de chanter ensemble » commente dans le podcast le journaliste Stéphane Leclair, qui a eu un accès privilégié aux archives d'Erick Benzi. Dans cette véritable boîte à trésors, des démos inédites et des prises de voix jamais entendues de Céline Dion, qui se montre des plus studieuses à l'instant T. « Jean-Jacques a donné des indications. Elle note sur le papier des réflexions, des mots, comment limiter l'emphase, pour qu'elle s'en rappelle avec des petits signes. Il y a sa propre écriture. Ça lui sert à découvrir la chanson, lui mettre en bouche » révèle l'auteur-compositeur de 66 ans.
"Ça a été fait comme un test mais ça n'a pas été retenu"
Croisant leurs voix sur cet hymne rock, Jean-Jacques Goldman et Céline Dion ont enregistré leurs parties « l'un après l'autre », « comme dans tous les enregistrements studio » : « C'est rare qu'on fasse tout en même temps. Elle s'est appuyée sur la voix de Jean-Jacques. Il est plus pudique, il préfère chanter tranquille quand elle est pas là ! Il s'applique parce qu'il se sent moins bon chanteur que Céline ». Et en mettant les mains dans le cambouis, Erick Benzi et Stéphane Leclair dénichent de manière tout à fait fortuite une version rare de "J'irai où tu iras", interprétée avec un autre chanteur que Jean-Jacques Goldman... « Cette chanson-là, elle a été faite en anglais aussi ? » entend-on l'animateur questionner après avoir repéré un fichier au nom évocateur. « Je ne savais pas. Je vois une version anglaise sur la piste donc on va aller voir ce que c'est » lui répond Erick Benzi.