Juiliette Armanet fond en larmes en évoquant sa grand-mère atteinte d’Alzheimer

Dernière ligne droite pour Juliette Armanet ! La chanteuse est actuellement lancée dans une nouvelle tournée des festivals, pour les derniers concerts de l’ère “Brûler le feu” (195.000 ventes) avant une pause bien méritée. « Chaque soir, je le prends pile dans la poitrine. Droit dans le mile. Je savoure tout. (…) Je regarde les petits gestes qu’on fait tous, les regards, les mains, les étreintes, je me dis que bientôt ça sera les dernières fois, que bientôt ça sera le vrai “c’est la fin”. Et j’ai la gorge serrée, de plus en plus tight sous le collier » écrit-elle avec émotion sur Instagram, alors qu’elle s’apprête à se produire à Musilac, au Nice Jazz Festival ou encore au Cabaret Vert dans les prochaines semaines. Ce dimanche, l’interprète du “Dernier jour du disco” était l’invitée du portrait de fin d’émission de “Sept à huit” sur TF1. Mais ce n’était pas pour parler musique…

“Elle était en train d’oublier sa vie”

En effet, Juliette Armanet est venue évoquer le film documentaire qu’elle a réalisé sur sa grand-mère Paulette, atteinte de la maladie d’Alzheimer et décédée depuis. C’est en 2009 qu’est sorti ce film “Les petits enfants d’Alzheimer”, près de dix ans avant qu’elle ne devienne la chanteuse à succès qu’on connaît désormais. Un projet sur lequel elle revient avec émotion face à Audrey Crespo-Mara. L’interprète de “Flamme” évoque de façon poignante la maladie de sa grand-mère, « qui casse tout ce que l’on connait de l’autre », et comment elles ont pu rester connectées grâce à la musique et au piano. « Elle était en train d’oublier sa vie à elle, son identité, le fait même qu’elle ait eu des enfants, elle savait plus comment elle s’appelait… C’est vraiment un grand territoire blanc » débute-t-elle. Elle avoue d’ailleurs que sa grand-mère Paulette, alors âgée de 87 ans, ne reconnaissait « plus du tout » sa petite-fille : « On peut ressentir une énorme colère ou une injustice… J’essayais d’accueillir qui elle était, sans chercher à lui dire “bien sûr que si, je suis ta petite-fille” ».

“Ça m’émeut beaucoup de voir ça”

Si ses souvenirs d’enfance l’ont « aidée à reprendre un peu pied », Juliette Armanet se souvient de moments de « fantaisie », « où l’on a beaucoup ri parce qu’elle s’est autorisée des choses qu’elle ne se serait pas autorisé avant ». Le plus difficile pour la chanteuse ? « C’est de se mettre dans sa peau, de s’imaginer ce qu’elle traverse… Je m’imagine deux secondes ne pas savoir qui sont les gens autour de moi, ne plus savoir qui je suis, où je suis… » répond-t-elle du tac au tac. Et Juliette Armanet a même laissé échapper quelques larmes en revoyant un extrait de son documentaire, où sa grand-mère lui demande qui lui a appris à jouer du piano : « Ça m’émeut beaucoup de voir ça… Elle m’interroge comme si on se rencontrait pour la première fois… C’est elle qui a appris à jouer du piano à ma mère ».

C’est en effet autour du piano familial que la famille se retrouvait avec Paulette car la musique était « son endroit de liberté » : « Ce qui me sidère, c’est qu’elle ne sait plus qu’elle s’appelle Paulette, mais si je fais un fa dièse au lieu d’un fa normal, elle m’engueule ! Cet endroit de musique est resté son endroit de conscience absolu ». Pour elle, « ça l’avait reconnecté avec quelque chose entre nous » : « C’était le seul moyen de lui faire comprendre l’amour familial ». Toutefois, voir sa grand-mère être atteinte d’Alzheimer a permis de Juliette Armanet de « passer un cap » : « Ça a imposé une bienveillance ». Un témoignage touchant.

Théau BERTHELOT

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