Dua Lipa en procès : son tube “Levitating” est-il un plagiat ? La justice a tranché

Depuis la condamnation de Pharrell Williams et Robin Thicke pour le tube “Blurred Lines”, véritable séisme pour l’industrie musicale, les affaires de plagiat sont devenus monnaie courante. Ces dernières années, Katy Perry, Lady Gaga, Ariana Grande, Led Zeppelin, The Weeknd, Kendrick Lamar, Nicki Minaj, Lil Nas X, Olivia Rodrigo ou encore PNL et Shakira, pour ne citer qu’eux, ont fait face à des accusations concernant une ou plusieurs de leurs oeuvres, qui seraient copiées sur d’autres. La superstar de la pop anglaise Ed Sheeran a par exemple fait face à plusieurs procès très médiatisés concernant ses tubes “Photograph”, “Shape of You” ou “Thinking Out Loud”. Le mois dernier, le chanteur a été innocenté par le tribunal de New York après la plainte déposée par l’entourage de Marvin Gaye pour des ressemblances mélodiques avec le titre “Let’s Get It On”. « Ces quatre accords font partie de l’alphabet d’un auteur-compositeur, notre boîte à outils, et devraient être là pour que nous puissions tous les utiliser. Personne ne les possède, de la même manière que personne ne possède la couleur bleue. (…) Les artistes doivent pouvoir créer une musique originale sans se soucier à chaque étape de la façon dont ladite créativité sera remise en question à tort » a plaidé le musicien après le verdict en sa faveur.

“Des arguments trop génériques”

Depuis plusieurs mois, Dua Lipa est elle aussi dans le collimateur de la justice. Le groupe reggae Artikal Sound System accuse la chanteuse britannique d’avoir plagié son titre “Live Your Life”, disponible sur Soundcloud depuis 2017, pour créer son hit planétaire “Levitating”, devenu le single d’une artiste féminine à être resté le plus longtemps classé (77 semaines) au sein du Billboard Hot 100. Extraite de la machines à tubes “Future Nostalgia” (2020), la chanson pop compte aujourd’hui 1,7 milliard de streams sur Spotify. Déposée en mars 2022, la plainte de la formation originaire de Floride reposait sur une étrange théorie : l’un des co-auteurs du morceau de Dua Lipa avait déjà travaillé avec une femme qui aurait appris la guitare avec le beau-frère d’un membre du groupe… Une hypothèse qui n’a guère impressionné la juge de district américain Sunshine S. Sykes : l’affaire a été classée sans suite. « Ces liens atténués, qui ont peu de liens avec l’une ou l’autre des deux compositions musicales en cause, ne suggèrent pas non plus une probabilité raisonnable que les accusés aient réellement écouté la chanson des plaignants » écrit la magistrate dans son compte-rendu.

Un autre procès en vue pour Dua Lipa

Selon elle, les arguments avancés par le groupe concernant leur titre, distribué sur certaines plateformes de streaming et via « plusieurs centaines de CD », étaient « trop génériques ou trop inconsistants », puisque les musiciens n’ont pas été en mesure de préciser où et quand leur chanson “Live Your Life” avait été interprétée en concert, et donc de soutenir la probabilité qu’un membre de l’équipe de Dua Lipa ait pu s’en inspirer : « Le fait que les plaignants ne précisent pas à quelle fréquence ils ont interprété “Live Your Life” en public au cours de la période spécifiée, où ces interprétations ont eu lieu et la taille des salles et/ou du public, empêche la cour de conclure que les interprétations en direct de la chanson par les plaignants ont contribué de manière plausible à sa saturation des marchés où les accusés auraient pu y être confrontée ».

Cependant, la juge Sykes a autorisé le groupe Artikal Sound System à présenter une nouvelle plainte modifiée et corrigée, s’il le souhaite. Par ailleurs, le feuilleton judiciaire continue pour Dua Lipa car un autre procès concernant “Levitating” est en cours. Dans une plainte déposée devant le tribunal fédéral de Manhattan, les auteurs-compositeurs Russell Brown et Sandy Linzer accusent Dua Lipa d’avoir copié deux chansons qui leur appartiennent pour créer son tube : “Wiggle and Giggle All Night” de la chanteuse disco-soul Cory Daye (1979) et “Don Diablo” de Miguel Bosé (1980).

Yohann RUELLE

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