We Love Green 2023 : Orelsan, Phoenix, Skrillex… Les meilleurs moments du festival

We Love Green avait une revanche à prendre. L’an dernier, la journée du samedi avait été interrompue à cause de violents orages. Pour sa dixième édition, le festival mêlant musique et écologie a frappé fort avec une programmation principalement orientée rap, davantage de conférences sur le climat, des panneaux solaires et surtout, une première, des stands d’alimentation 100% végétariens. « C’est une première en France à l’échelle d’un festival qui accueille 100.000 personnes et une cinquantaine de restaurateurs sur trois jours. On a titillé les restaurateurs, on a eu moins de demandes – 150 pour 180 l’an dernier, mais tout le monde y gagne » assure la directrice Marie Sabot au Parisien. Parti au Bois de Vincennes, Purecharts a assisté au premier gros festival parisien de la saison et vous résume le week-end en 7 concerts forts !

Orelsan règne en maître

Il était la tête d’affiche sur qui l’organisation avait misé pour remplir la soirée du vendredi. Et celle-ci a réussi son coup puisque Orelsan a rapidement fait le plein sur la plaine de la Mainstage répondant au nom La Prairie. Fort des cartons absolus de son dernier album “Civilisation” et de sa réédition, ainsi que de la nouvelle dimension médiatique que lui a apporté la série “Montre jamais ça à personne”, le rappeur caennais a accompli sa mission à merveille. Enchaînant ses nouveaux tubes (“La quête”, “L’odeur de l’essence”) comme s’il s’agissait de classiques de son répertoire déjà joués des centaines de fois, Orel a assuré le spectacle, alternant à merveille entre ambiance bouillante sur ses hits et moments d’émotion avec les fans. En atteste cette séquence où son micro s’est coupé alors l’artiste s’est joint à son public pour chanter a cappella. Rajoutez à cela 15 bonnes minutes en bonus – qui ont dû désespéré les artistes sur les autres scènes qui attendaient leur tour, Yung Lean en tête – et vous obtenez l’un des meilleurs rappeurs français en live !

Le voyage de Varnish La Piscine

Pendant que le mastodonte de la soirée se produisait sur la grande scène, c’est tout à l’opposé, sur la confidentielle scène du Think Tank, que prenait place Varnish La Piscine. Avec son pseudonyme atypique, l’artiste suisse aux multiples casquettes – rappeur, chanteur, producteur, réalisateur – a exposé tout son savoir-faire devant un public de curieux étonnamment consistant, démontrant ainsi que sa formule particulièrement complexe et élaborée est également transposable à la scène. Accompagné d’un groupe de musiciens, il a emmené la foule avec lui grâce à ses productions enivrantes sur ses titres aussi oniriques qu’ésotériques (“Illusion sur Mauna Loa”), lâchant au passage quelques bangers dont il a le secret (“Short Vision”). Une franche réussite qui prouve que Varnish La Piscine n’est pas qu’une curiosité éphémère, mais bien un artiste total qui mériterait de gagner en notoriété. Cela tombe bien, il vient de signer sur le prestigieux label Ed Banger de Pedro Winter. Et ce dernier ne se trompe que très rarement !

L’amour selon Disiz

17h40. Le concert ne commence que dans cinq minutes mais La Clairière, deuxième plus grosse scène du festival, est déjà pleine à craquer. Il faut dire que Disiz est de retour au sommet avec son dernier album, l’excellent “L’amour”, qui l’oriente davantage vers des contrées pop-synthétiques. Dans un nuage de fumée, c’est juché en haut d’une plateforme représentant un escalier que le rappeur de 45 ans débute son set… et met immédiatement le public dans sa poche. Pendant une heure, Disiz va proposer un concert aussi charmeur que percutant, où toutes les chansons sont reprises en choeur par un public majoritairement féminin, et multiplier les moments de bravoure sur les titres “Casino” ou “Beaugarçonne”, ravageurs en live. On en redemande !

Little Simz, vainqueure par KO !

Trop rare dans l’Hexagone, Little Simz a encore prouvé qu’elle est la meilleure rappeuse originaire du Royaume-Uni. Sous un soleil de plomb, l’artiste londonienne a enchaîné les punchlines acérées, de son phrasé so british, touchant au coeur ses fans rassemblés dans les premiers rangs. Seule sur scène, elle a mis en avant les titres de ses deux derniers disques, les intenses “Sometimes I Might Be Introvert” et “No Thank You”, a asséné le public d’un puissant “Venom”, l’un de ses premiers succès, et même d’un titre inédit aux accents house qui a fait trembler la foule. Un bassiste et un guitariste se sont même joints à elle pour une reprise endiablée du “Maria Maria” de Carlos Santana. Grandiose !

Phoenix toujours magistral

Sa venue ayant été annulée l’an dernier à cause des orages, Phoenix est revenu à We Love Green jouer la belle. Sur une somptueuse scène, les Versaillais ont livré un set de 1h10 mené d’une main de maître et résumant 20 ans d’une carrière parfaite. Il faut dire que le groupe a mis toutes les chances de son côté en attaquant directement sur les classiques “Lisztomania”, “Entertainment” et “Lasso”, repris en choeur par des milliers de fans conquis. Et si le dernier album “Alpha Zulu” a été quelque peu mis de côté (seulement 4 titres) c’est pour mieux mettre en avant l’incroyable répertoire d’orfèvrerie pop de Phoenix, allant de “If I Ever Feel Better” à “J-Boy” en passant par “Rome”, “Long Distance Call”, “Trying To Be Cool” (où le public est filmé à travers des jumelles) ou “1901”. Même Pusha T a joué les invités surprises sur “All Eyes On Me” avant que le chanteur Thomas Mars ne termine par son traditionnel bain de foule. Une tête d’affiche d’exception !

.@wearephoenix toujours aussi magistral hier soir à @WeLoveGreen 💚 pic.twitter.com/Nt0P1cA4N4— Théau (@theau_btl) June 4, 2023

La sensation Sudan Archives

On pensait assister à une curiosité, on en ressort presque avec une nouvelle approche de la musique ! Sudan Archives, nom de scène de la musicienne californienne Brittney Parks, bouscule tous nos repères. Il faut dire que l’artiste ne semble disposer d’absolument aucune frontière tant, dans ses chansons, les aller-retours entre différents registres musicaux sont légion, sans pour autant qu’on puisse les distinguer. Des influences hip-hop, en passant par des riffs rock ou des beats frénétiques de la house pour arriver sur… une danse irlandaise, les sources d’inspiration sont innombrables ! Armée de son violon une majeure partie de la splendide heure de spectacle qu’elle a offerte au public parisien massé pour assister au phénomène sous un soleil de plomb, la fantasque Américaine a parfaitement réussi son coup. Un déboussolage total et inédit, ponctué d’une prestation quasi possédée. Splendide !

Skrillex en superstar

Il fait partie de ces artistes qui peuvent à eux-seuls transcender un festival entier. Skrillex, qui compte parmi les talents les plus précoces et capitaux de sa génération, a mis le feu à We Love Green. Sur la scène Lalaland située à l’entrée du site, bien trop petite pour les festivaliers venus admirer l’événement, le DJ et producteur a livré un spectacle électrique. Devant plusieurs milliers de personnes compactées, formant presque à eux seul un même organisme, il n’a eu de cesse d’alterner entre ces hits de renommée mondiale (“Bangarang” en tête !), des kicks destructeurs et des étrangetés penchant vers la techno. Un mélange parfois très technique, puisque les informations sont nombreuses à parvenir aux auditeurs, mais terriblement bien calibré pour faire trembler le Bois de Vincennes – quitte à parfois se lancer dans des transitions périlleuses et donc un poil longues. En résulte un show dantesque qui démontre que Skrillex est un artiste d’un calibre exceptionnel, ce qu’on peut avoir tendance à oublier. Une pensée tout de même pour le pauvre Bon Iver qui a dû trouver le temps bien long sur la scène principale ! Et comme si cela ne suffisait pas, le DJ s’est offert une apparition sur la minuscule scène Playground au bout de la nuit, en tant qu’invité de Pedro Winter. De quoi conclure le festival en apothéose.

Théau BERTHELOT et Guillaume NARDUZZI


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